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« Les douze enfants de Paris » de Tim Willocks – La Chronique Protestante !

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Les douze enfants de Paris – Tim Willocks

Paris, 1572, ça pue la saleté, la merde et les entrailles. Ça pue aussi le huguenot, ce mécréant qui se croie supérieur et que les catholiques haïssent plus que tout. Pas grave, la Saint Barthélemy c’est pour aujourd’hui…

Matthias Tannhauser est de retour et vous allez vite voir qu’il n’est pas content. C’est pas grave, nous, on est bien content de revoir sa trogne.

Il n’est pas content donc, car sa femme enceinte en visite à Paris a été enlevée. Et ça Matthias, il ne va pas le pardonner. Et ils vont prendre cher ceux qui se mettront en travers de sa route. Parce que quand tu mords Tannhauser, il fait un malheur !

Après un dantesque et époustouflant « La Religion », (pour lire la chronique, cliquez ici !) Tim Willocks nous conte la suite des aventures de Matthias Tannheuser dans un nouvel opus apocalyptique au cœur de Paris. Un Paris de cauchemar avec des habitants crades, des rues souillées et emplis de souillons. Un Paris dégoulinant de sang et croupissant sous les cadavres en putréfaction.

Mais comment se renouveler après un premier volume qui frappait (c’est le cas de le dire) aussi fort ?

Ce second opus malgré des qualités évidentes n’est pas du même acabit.
L’histoire de la Saint-Barthélemy telle qu’elle nous est contée ici est moins opulente et riche que le siège de Malte du livre précédent.
L’envie d’en proposer un pavé de 1000 pages devient dès lors une opération risquée. Surtout que le choix de Willocks a été de délaisser l’aspect politique au détriment du massacre. Inévitablement, l’auteur enchaîne les longueurs et les répétitions. De plus, 1000 pages de massacre, ça peut vite faire beaucoup.
Cette dernière affirmation est évidemment exagérée à escient par votre chroniqueur, Tim Willocks ayant une large palette d’émotions à faire passer. Et plus d’un tour dans son sac à malices.

1) Ce livre, c’est avant tout une magnifique histoire d’amour qui va faire vibrer chaque parcelle de votre corps. Vous serez vite subjugués par ce lien indéfectible qui unit Matthias à Carla, sa femme. Deux êtres aux caractères et tempéraments diamétralement opposés mais aux âmes inexorablement mêlées.

2) Mais ce n’est pas tout, au delà de la violence extrême, c’est bien le rapport à l’enfant, le questionnement sur la maternité et la paternité qui sont au centre du livre.
La difficulté de donner naissance à un enfant (physiquement ou métaphoriquement), de l’élever, de lui donner une direction, une voie, un chemin. Que ce soit pour un jour ou pour la vie.
La paternité n’est-elle que biologique ou se développe-t-elle intuitivement ? Comment se positionner en modèle ? Avec quelle légitimité ? Oui, ce livre est loin d’être aussi bourrin qu’il en a l’air et son titre n’est pas anodin. L’est-il jamais quand il est judicieusement choisi ?

3) Les personnages principaux (et il y en a beaucoup !) sont admirablement croqués. A commencer par Tannheuser évidemment, cette espèce de guerrier aux talents multiples, icône fascinante d’un monde en perdition, un vengeur quasi-indestructible et à la rage meurtrière. L’autre personnage effarant créé par Willocks est Grymonde dît l’Infante, sorte de Quasimodo au QI et à l’intelligence développés dont la puissance fait rugir les pages où il figure. Et évidemment, tous autres enfants du titre couvés par Matthias et dont chacun est un joyau de la couronne apposé sur le crâne de Willocks.
Pour le reste du casting, on se perdra plus dans la multitude de personnages secondaires mais vu les durées de vie de beaucoup d’entre eux, ce n’est pas bien grave.

On pourra donc reprocher à Tim Willocks son manque d’ambition au niveau de la trame et une répétition des scènes gores à outrance. Oui mais voilà, le bonhomme est talentueux et même ses répétitions valent leur pesant d’or. C’est répétitif mais c’est viscéral, charnel, organique.
Il puise son écriture dans le sang, tel un encrier mortel, pour alimenter sa verve et faire bourgeonner les sensations qu’il plante en nous tout le long de son récit.

Et pourtant, dans ce bruit, ce tumulte, cette fureur émerge de la sagesse, du bon sens, de la pensée philosophique et pacifique. La patte Willocks. Cet homme a un talent fou.

« C’est un mauvais jour, dit Tannhauser, mais il passera, comme le font tous les jours, bons ou mauvais. Et même dans un mauvais jour, on peut trouver de bons moments, en cherchant bien. »

« – Pourtant les saisons tournent.
– Ah, elles tournent ! Comme le font les étoiles, comme une roue sans s’arrêter. Elles ne connaissent ni mois, ni années, ni commencement, ni fin, parce qu’il n’y a pas de fin. Il n’y a que ce qui vient après. Combien de temps dure un rêve ? Ou un souvenir ? Ou une étreinte ? Et si on ne peut pas répondre à ça, comment pourrons-nous dire combien de temps dure une vie ? Sans parler de la Vie Elle-même ? » 

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4ème de COUV’

23 août 1572. De retour d’Afrique du Nord, Mattias Tannhauser, chevalier de Malte, arrive à Paris. Il doit y retrouver sa femme, la comtesse Carla de La Pénautier, qui, enceinte, est venue assister au mariage de la sœur du roi avec Henri de Navarre. À son arrivée, Mattias trouve un Paris en proie au fanatisme, à la violence et à la paranoïa. La tentative d’assassinat contre l’amiral de Coligny, chef des réformistes, a exacerbé les tensions entre catholiques et protestants. Introduit au Louvre par le cardinal de Retz, Mattias se retrouve bientôt au cœur des intrigues de la Cour et comprend très vite que le sang va couler dans les rues de Paris.
Dans une capitale déchaînée, où toutes les haines se cristallisent, Carla est impliquée au même moment dans une terrible conspiration. Plongé dans un océan d’intrigues et de violences, Mattias n’aura que quelques heures pour tenter de la retrouver et la sauver d’un funeste destin.

About Smadj (957 Articles)
Plus que des quatrièmes de couverture, plus que des résumés de films, c'est de la passion et de l'émotion que vous découvrirez ici.

33 Comments on « Les douze enfants de Paris » de Tim Willocks – La Chronique Protestante !

  1. Je ne connais absolument pas cet auteur mais ça m’a l’air super intéressant tout ça. Merci pour la découverte (encore une ! 😉 ) et super chronique , comme d’hab’.
    J’imagine que celui-ci et « La religion » peuvent être lu indépendamment l’un de l’autre ?

    Aimé par 1 personne

  2. Bon et bien j’ai compris, je mets les 2 dans ma wish!!!!!!
    Merci pour cette chronique qui donne bien envie!!!!!;)
    Je pense qu’il a tout pour me plaire ce tome là!!!!!;)

    Aimé par 1 personne

    • Oh que oui Stelphique, ce sont vraiment des romans puissants et Tim Willocks est un grand !!!!
      Et moi je te remercie pour ta fidélité 🙂
      Je suis bien content que tu aies envie de les lire !!!
      Des bises !

      Aimé par 2 people

  3. Merci mais non merci ….je ne pense pas que cela soit pour moi 🙂 ceci étant, très belle chronique une fois encore 🙂 bises mon poto …….

    Aimé par 1 personne

  4. Ça fait un moment que je lorgne dessus 😉

    Aimé par 1 personne

  5. Bon, ben, je prendrai un arbre magique pour le lire puisque ça sent si mauvais… Il faudrait parfois que notre société se rappelle ses propres exactions, ça empêcherait peut-être certains de vouloir laver plus blanc que blanc… 😉

    Aimé par 1 personne

  6. J’ai lu trois titre de cet auteurs et j’ai pris trois claques.
    Je sais m^me pas pourquoi je n’en ai pas parlé encore.
    Il est passionnant et quel pouvoir évocateur il a.
    C’est une écriture d’une puissance incroyable.
    Oh merci David de le mettre en avant avec cette belle chronique. 🙂
    Je devrais prendre exemple sur toi.
    De plus j’ai eu la chance de rencontrer et surtout d’écouter ce typa parler. Il est allusinant. Bref j’adore….
    Une immense plume pas assez connu.

    Aimé par 1 personne

  7. puanteur répétitive ? Oui je le sais faut que je tente cet auteur, depuis le temps…
    Faut dire qu’on doit lui trouver une place certaine, vu la taille de ses romans

    Aimé par 1 personne

  8. Ta chronique me met en joie !!!
    Tim Willocks fût une découverte tonitruante pour moi ! D’abord avec « La Religion » puis avec celui-ci, j’ai eu le souffle coupé et je trépigne littéralement de retrouver Matthias dans le troisième opus (qui se fait attendre d’ailleurs ^^)…
    Merci pour ces bons souvenirs de lecture 🙂

    Aimé par 1 personne

  9. 1000 pages… on ne s’y aventure pas comme ça!
    Sans compter que c’est le 2ème, ce qui sous entend 2000 pages…
    ça mérite réflexion 🙂

    Aimé par 1 personne

  10. J’avais beaucoup aimé « La Religion », et il y a moment que les douze enfants de paris attendent leur tour. Ta chronique enthousiaste leur a fait gagner quelques places, ça c’est sûr.
    La bise mon pote. 🙂

    Aimé par 1 personne

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