News on fire

« Pentagon Papers » de Steven Spielberg – La chronique qui est dans ses petits papiers !

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Le Pitch : Première femme directrice de la publication d’un grand journal américain, le Washington Post, Katharine Graham s’associe à son rédacteur en chef Ben Bradlee pour dévoiler un scandale d’État monumental et combler son retard par rapport au New York Times qui mène ses propres investigations. Ces révélations concernent les manœuvres de quatre présidents américains, sur une trentaine d’années, destinées à étouffer des affaires très sensibles… Au péril de leur carrière et de leur liberté, Katharine et Ben vont devoir surmonter tout ce qui les sépare pour révéler au grand jour des secrets longtemps enfouis.

Depuis « La Couleur Pourpre » et surtout « La liste de Schindler », Spielberg voyage allègrement d’un genre cinématographique à l’autre pour notre plus grand plaisir.

Il est l’un des rares auteurs à être aussi terrien qu’aérien, capable de passer du réalisme le plus viscéral et foudroyant (le soldat Ryan ou la liste de Schindler) à des envolées spectaculaires (Hook ou E.T.) voire même de conjuguer les deux (La guerre des Mondes).

Le point commun de tous ses films reste un humanisme sans faille, un amour de ses sujets jamais démenti et une passion contagieuse pour les belles histoires.

Cette dichotomie atteint son paroxysme cette année entre les sorties respectives de « Ready Player One » (le 28 mars prochain), adulescent, jubilatoire et régressif et « Pentagon Papers », le pendant « adultes », au sujet ancré dans le réel et la contestation politique.

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Il fait partie de ces films dont le sujet est si fort qu’il l’emporte sur la technique ou le jeu d’acteurs.

« Pentagon Papers » retrace une histoire vraie (et très célèbre outre-Atlantique) : La publication par les journaux américains (le New-York Times et le Washington Post en tête) de documents compromettants sur les réelles motivations du gouvernement américain vis-à-vis de la guerre du Vietnam. Pour la première fois, le peuple américain s’est senti floué prenant conscience que ses dirigeants lui mentaient. En ces années de mouvances contestataires et de transformations sociétales, ça a eu du mal à passer.

Bon ok, ils se feront de nouveau pigeonner par Bush avec les armes de destruction massive soi-disant cachées en Irak… L’Histoire bégaie si souvent.

Et Spielberg de nous plonger dans l’Amérique des années 70 grâce à une reconstitution minutieuse qui contribue pour beaucoup à l’immersion ressentie. Ah ces vieux téléphones à cadran... On retrouve avec délice ce subtil parfum de madeleine procuré par le métrage qui n’est pas sans évoquer les films politiques des seventies, « Les hommes du Président » de Alan J. Pakula en tête. Alors petite précision : « Pentagon Papers » est moins un film d’enquêtes qu’un film engagé.

Engagé à plusieurs titres. Politiquement évidemment. Le sujet l’impose. Mais surtout socialement (on pourra toujours rétorquer que c’est aussi de la politique).

Politiquement car il est Impossible de ne pas voir de parallèle avec l’administration Trump et ses errements au sujet de ce qui est vrai ou pas. Il faut dire que Donald Trump a élevé les fake news à un niveau qui frise l’art, que ses attaques répétées contre la Presse favorisent le mensonge et la désinformation au détriment de la vérité. Et on sent bien que ça l’énerve le Spielby ! Les parallèles Nixon/Trump abondent dans ce sens.

Socialement, ce qui frappe le plus en ces temps de « #MeToo » et autres « Balance ton porc », c’est le point de vue féministe et militant du réalisateur qui ne loupe pas cette caste d’hommes aux manettes, méprisante voire condescendante avec les femmes, et encore plus envers celles représentant une certaine forme de pouvoir.

C’est très instructif de voir ces brochettes de Messieurs persuadées que la voie de la raison est forcément masculine, que l’avis des femmes est mineur et forcément inconséquent. Comme souvent, les choses évoluent peu.

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Une fois de plus, Meryl Streep est extraordinaire dans le rôle de cette petite bonne femme (pour rappel, elle interprète Kay Graham, la directrice de publication du Washington Post), peu sûre d’elle et qui a du mal à se sentir légitime dans ce milieu macho-centré. Ce sera pourtant la seule, contre toutes attentes, à faire montre d’un vrai courage. Son rôle est clé car c’est son interprétation qui génère toute l’émotion, la réflexion et l’empathie véhiculées par le film.

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Spielberg fait le choix d’une approche de mise en scène assez formaliste et classique pour nous concentrer entièrement sur son sujet, plus que sur des effets de manche. Ce faisant, il nous happe et nous lie au canevas cousu d’or qu’est son scénario, abattant ses dominos un par un, imparable, jusqu’à un dénouement qui libère la tension accumulée chez le spectateur.

On pourra certes reprocher un manque de puissance et d’émotions à l’ensemble mais on saluera les réflexions et les discussions qu’il ne manquera pas de susciter sur les problématiques toujours très actuelles de la liberté de la presse et de la place de la femme dans la société. Zut, je me relis et je vois que finalement j’ai peu parlé du film. J’avais prévenu…

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About Smadj (1024 Articles)
Plus que des quatrièmes de couverture, plus que des résumés de films, c'est de la passion et de l'émotion que vous découvrirez ici.

3 Comments on « Pentagon Papers » de Steven Spielberg – La chronique qui est dans ses petits papiers !

  1. Lui, je voudrais bien le voir !

    Aimé par 1 personne

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