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« Big Eyes » de Tim Burton – La chronique

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Big Eyes – Tim Burton

Tim Burton est au sommet de son art en maître absolu d’un film sensible, beau et atypique. 

D’abord la scène d’ouverture : de superbes cartes postales de la fin des années 50. Des plans d’une beauté à couper le souffle. Une cartographie sublime d’une Amérique débordant de promesses.

Tim Burton sort de sa crise d’adolescence, loin de la boursouflure craquelée et ratée que fut « Dark Shadows » (ça n’engage que moi).
Il a enfin mûri et nous propose une œuvre à maturation parfaite. Adulte. Mais toujours avec sa patte. Majestueuse, fragile, sensible, une œuvre au « classicisme » noble.
Un film hommage qui nous renseigne indirectement sur ses influences et sources d’inspiration.
Tout comme Ed Wood définissait son amour pour le cinéma de genre et particulièrement le fantastique, Big Eyes définit son attraction pour l’étrange et le non-conformisme même dans le quotidien.
Le film interrogé forcément sur la définition d’une œuvre. Qui décide de ce qui est de l’art ou pas ? De ce qui est précieux ou grossier ? Le succès publique signifie-t-il qu’une œuvre est putassière ?
L’art est-il l’apanage d’une élite qui distribue les bons points et détermine ce qui est du domaine de l’art et ce qui ne l’est pas ?
Beaucoup de questions adressées ici et chacun se fera son point de vue par rapport à sa sensibilité artistique.


Pour la petite anecdote, Tim Burton est vraiment fan de Margaret Keane et lui avait commandé, il y a déjà une vingtaine d’années, un tableau de sa compagne de l’époque, Lisa Marie -Ainsi se referme l’instant « Closer ».

Ce n’est donc pas un hasard qu’il se soit lancé dans ce biopic tant l’occurrence des thématiques de Keane se reflète dans son œuvre.

On regarde d’abord le film à grands yeux ouverts puis on ne craint pas de les fermer et c’est le cœur qui sera le vecteur oculaire de l’expérience. Tant ce film s’adresse à votre âme et manipule vos émotions.


Christopher Waltz explose et cabotine dans son rôle de faussaire de génie.
Voleur d’œuvre sans scrupule, escroc caractériel à la soif de reconnaissance jamais assouvie, play-boy roublard et sinistre, l’image se fissure et se fracasse contre sa fragile épouse jouée par Amy Adams.

Amy Adams toute en subtilité et émotions réussit à nouer la gorge à de nombreuses reprises. Une formidable performance. Un vrai rôle à Oscar sans que ce soit péjoratif car elle est sublime dans son rôle de Margaret Keane.

Big Eyes est une franche réussite, un espace de fraîcheur, un moment suspendu dans le temps…

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Plus que des quatrièmes de couverture, plus que des résumés de films, c'est de la passion et de l'émotion que vous découvrirez ici.

12 Comments on « Big Eyes » de Tim Burton – La chronique

  1. J’adore cette chronique, c’est tout à fait ce que j’ai ressenti en voyant ce film génial qui parle tellement bien des limites de l’authenticité et du mensonge, dans l’art mais aussi dans la vie.
    Les comédiens sont vraiment bons, elle, en douce épouse soumise, secrète, un peu étrange comme ses oeuvres, qui a du mal à s’émanciper, lui en menteur pathologique exubérant qui invente toute sa vie.
    Le fantastique qui est la marque de fabrique de Tim Burton est discret mais présent, dans le côté dérangeant des oeuvres, dans le regard et les hésitations de sa comédienne, dans le secret que la petite fille est plusieurs fois à la limite de transgresser…et la transgression c’est la mécanique du conte.

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  2. Je pense aller le voir demain, avec cet avis, je vais y courir evidemment!!!!!;)

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  3. je voulais le voir aussi …et je le veux encore plus là ! 😉

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  4. Un film envoutant!!!!!!!!Quel régal pour les yeux!!!!;)
    J’ai passé un super moment!

    Aimé par 1 personne

  5. Mélie Wolff Nerrière // 4 septembre 2015 à 9 h 05 min // Réponse

    Une catégorie pas évidente pour moi là encore parce que je ne raffole pas des histoires vraies, mais ici on parle de Tim Burton l’un de mes réalisateurs préférés et de Christoph Waltz, un acteur que j’adore (Inglorious Basterds, Django Unchained).
    Un film qu’on pourrait penser totalement différent de l’univers Burton mais on reconnaît bien sa signature ici et quand on voit les peintures de Margaret on comprend très bien pourquoi le réalisateur a voulu en faire un film… et puis on oublie pas qu’il a déjà réalisé un biopic avec Ed Wood en 1994.
    Un mot pour parler de la bande-originale composée par Danny Elfman, fidèle au réalisateur et sur la chanson Big Eyes interprétée par Lana del Rey (elle en chante une deuxième dans le film « I Can Fly ») qui a retenu mon attention.
    Amy Adams interprète Margaret Keane, elle est vraiment touchante, on suit son parcours avec anxiété et souffrance. Christoph Waltz est juste sublimement scandaleux dans le rôle de Walter Keane.
    Un très bon biopic, un très bon Burton et du grand Christoph Waltz.

    Aimé par 1 personne

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