Cinéma
Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? Pourquoi vouloir raconter une histoire inscrite dans la mémoire collective en changeant complètement cette même histoire ?
La « réalité biblique » n’est pas respectée. Et pour tous les spectateurs sevrés aux « 10 Commandements » de Cecil B. De Mille ou au « Prince d’Egypte », c’est une déception.
Alors, rassurons tout de suite, on est très loin du naufrage « Noé » d’Aronofsky.
L’histoire de Moise contée ici a le mérite d’être la même, c’est son traitement qui est différent.
Mais pourquoi avoir cherché quasi-systématiquement à rationnaliser les miracles et supprimer les interventions divines et nous laisser même à penser que, peut-être, Moïse serait fou ?
Ça laisse toujours pantois. Le syndrome « Wild Wild West » sans doute.
Après si on se concentre sur l’objet filmique à proprement parler, l’ensemble tient la route. Les images sont sublimes, les reconstitutions architecturales grandioses et les effets spéciaux très réussis. Et, étonnamment au vu du partis-pris, l’histoire reste cohérente et tient la route.
Le choix de Christian Bale en Moïse est le bon, surtout dans la première partie du film. Celui de Joël Edgerton en Ramses est plus contestable, tant il n’est pas le personnage physiquement parlant. Les yeux biens trop bleus pour un Égyptien. Étonnant que de nos jours encore, on choisisse des acteurs blonds aux yeux bleus pour jouer des bruns à la peau basanée et aux yeux probablement noirs ou marrons…
J’ai lu que Ridley Scott s’énervait de cette question mais s’énerver ne rend pas la question obsolète ou dénuée de fondement et surtout ne justifie pas l’aberration. D’autant que ça perturbe l’immersion dans le film. Rendez-nous Yul Brunner
Bon le miracle n’a pas eu lieu mais ce n’était quand même pas une plaie…
Astier saupoudre de folie light son dessert mais, du coup, on sent à peine le sucre.
Si j’étais un enfant, je dirais :
« Oh c’est trop beau ! »
« Z’adore la 3D, Il est zentil Astérix, il est trop rigolo Obelix, il est trooooop mignon idefix. »
« Papa, il a un gros nez comme toi, Obelix »
« Si, il est gros Obélix ! »
« Moi, z’aime bien quand les romains prennent des baffes hihi » en pouffant dans ma main.
« Maman ze le veux en DVD !!! »
Si j’étais un adulte, je dirais :
C’est un peu du gâchis d’Astier. On aurait pu s’attendre à un film plus décalé, plus Kaamelottien quoi ; tout comme le Chabat, qui avait subtilement mixé son humour canalplussiens à celui de Goscinny.
Alexandre Astier a privilégié le public enfant, premiers visés par les dessins animés, ce qui est cohérent mais déçoit les plus grands qui salivaient d’avance de retrouver son univers barré.
Bien évidemment, le film est tout de même traversé de fulgurances, clins d’œil et pastiches dont un, savoureux, de Gandalf.
Astier saupoudre de folie light son dessert mais, du coup, on sent à peine le sucre.
Le scénario n’est pas une surprise, calé sur la bande dessinée. Ce qui est logique d’autant que l’idée du pitch de Goscinny était ingénieux et mordant. Une critique douce amère de la société de consommation (déjà en 1971 !), de ses méfaits sur les civilisations et de l’avilissement contiguë à ce type de « projet », occidentaliser une société pour la dominer, qu’elle provoque. Une pépite du maître Goscinny.
Note enfant : 4 popcorns sur 5
Note adulte : 2 baffes et demi sur 5


