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Rencontre Contagieuse avec Caryl Férey chez Gallimard (13/04/16) – El Condor pasa !

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Rencontre Babelio – Caryl Férey – Copyright KoMa

condor

Condor – Caryl Férey

Invité par l’excellentissime site de lecteurs Babelio dans les locaux de l’éditeur Gallimard, à l’occasion de la sortie du nouveau livre de Caryl Férey, « Condor » (dont vous pouvez retrouver la chronique en cliquant ici !), c’est plein d’étoiles dans les yeux que se dessinait cette rencontre. Et nous avons été comblés. Ecouter Caryl Férey, c’est déjà voyager un peu… Merci à Pierre Krause pour avoir animé cette rencontre avec le brio qu’on lui connaît. C’est un peu notre Laurent Boyer à nous 😉 Les questions ci-dessous sont un mélange de ses questions et de celles des lecteurs invités.

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Rencontre Babelio – Caryl Férey – Copyright KoMa

Pierre Krause (Babelio) : Pourrais-tu nous parler de la genèse de « Condor » ? Est-il né en même temps que « Mapuche » ?

Caryl Férey : Quand je me suis intéressé à l’Amérique du Sud, j’ai contacté des associations de mapuches, une tribu indienne. Au Chili, ils sont considérés comme des terroristes. En Argentine ce n’est pas le cas. J’avais donc moins exploré leur histoire dans « Mapuche ». J’ai gardé de la matière pour le suivant. L’organisation Condor existe vraiment, tout ce que je raconte est vrai à part l’histoire que je raconte dans le livre.

De manière générale, je n’aime pas trop les suites, je liquide souvent mes héros (rires). Je n’aime pas l’idée de série. Il y a juste une connexion entre le personnage de Gabriela et sa sœur qu’on retrouvait dans « Mapuche ». Je voulais donner de ses nouvelles aux lecteurs.

Q : N’êtes vous pas l’écrivain des causes perdues ?

CF : Souvent mes histoires finissent mal. Je veux redonner la parole à ceux qui l’ont perdue. Surtout quand on voit comment les autochtones sont maltraités que ce soit en Amérique du Sud ou en Amérique du Nord. Quand je me suis documenté, je me suis renseigné sur la classe dite aisée, j’ai visionné un reportage dans lequel ils se moquaient ouvertement et complètement des pauvres. Vraiment. Sauf un qui avait plus de considération. Et ses copains se moquaient de lui du coup. J’ai repris ça pour créer le personnage d’Esteban.

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Rencontre Babelio – Caryl Férey – Copyright KoMa

Q: Pourquoi une histoire d’amour ?

CF : Parce que ça amène un peu de lumière, parce que j’aime écrire des scènes avec des femmes et que j’aime les histoires d’amour. Il y a plus d’altérité entre un homme et une femme.

Q : Pourquoi avoir introduit un personnage homosexuel (Gabriela) pour finalement lui faire vivre un grand amour hétérosexuel ?

CF : je suis féministe. C’est con de le dire mais c’est vrai. Au Chili, vu l’âge mental des garçons de 15/25 ans, les filles se tournent soit vers des hommes plus âgés soit vers des filles. Mais en fait, Gabriela se fait un trip avec Esteban. Ça ne dure que quelques jours. Elle se prend un shoot d’Esteban. La redescente sera difficile.

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Q : Esteban est votre premier personnage principal écrivain ? Est-ce vous ce personnage ?

CF : Ça m’a permis d’infliger de la poésie destroy à mes lecteurs (rires). Ça m’a aidé à induire une relation mystique entre Gabriela et Esteban. Ça m’a permis surtout de casser les codes. C’est un texte que j’avais écrit il y a quelque temps et que j’ai introduit dans le roman. J’en ai fait une lecture musicale et ça a bien fonctionné.

Q : Il me semble que votre personnage principal féminin existe au Chili…

CF : Oui, c’est vrai. Je lui ai dédicacé le livre d’ailleurs (Camila Vallejo). Je ne l’ai jamais rencontrée mais nous sommes frères et sœurs de cœur. J’ai rencontré beaucoup de personnes au Chili et mes personnages sont un mix de ceux que j’ai rencontré.

Q : Vous disiez : l’espoir c’est la jeunesse. Comment se positionnent les jeunes ? C’est quoi leur esprit ?

CF : Ceux qui ont 25 ans et moins n’ont pas peur, ils n’ont jamais connu la dictature. Ils revendiquent l’héritage de Salvator Allende. C’est la première génération à oser se battre et à manifester.

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Rencontre Babelio – Caryl Férey – Copyright KoMa

Q : J’ai des amis qui ont vécu au Brésil, en Argentine et qui vivent maintenant au Chili. Ils me disent que c’est le pays le plus sûr. Vous avez une autre vision dans votre livre…

CF : Oui les grandes villes sont cleans. Les bidonvilles, eux, sont en périphérie. J’y suis allé, ce sont des gens sympathiques qui y vivent. La nuit tombée cependant, ça change et ça devient dangereux. On s’est d’ailleurs fait braquer. En allant porter plainte, comme dans le roman, on s’est aperçu que les flics s’en foutent. Ils faisaient un concours de garde-à-vous pendant que nous déposions…

Q : C’est important pour vous de retranscrire des choses que vous avez réellement vu ?

CF : Oui. Ça donne de la matière, du réalisme. Je pourrais rester chez moi mais les romans seraient différents.

Q : Pourquoi n’écrire que du polar ?

CF : Ca me permet de traiter à fond du sujet, notamment au niveau social. Une amie qui écrit de la littérature blanche m’a dit « c’est sympa ce que tu fais mais tu écris quand un vrai roman ? (rires) – Moi, j’aime les histoires.

Le Chili est tellement beau, c’est magnifique, c’est romanesque… Je vois des scènes à la Lawrence d’Arabie, du Sergio Leone. Encore ma passion du cinéma américain des années 70. A Santiago, il n’y a pas de cinéma. Mais j’aime le cinéma et j’aime en parler dans les bouquins, c’est pour cela que j’y glisse souvent des références.

Q : Que pensez-vous de l’adaptation de Zulu ?

CF : L’équipe a choisi de se focaliser sur l’aspect thriller alors que « Zulu », ce n’est pas que cela. C’est une histoire d’amour, c’est aussi un roman social. Les critiques ont été dures avec Jérôme Salle mais personnellement, je suis très content du film et je trouve le choix de Forest Whitaker excellent.

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Zulu – Jérôme Salle

Q : Pouvez-vous nous parler de votre prochain roman ?

CF : Je vais réutiliser un de mes personnages, Mc Cash, issus de mes premiers romans. Ça démarre en Bretagne (j’ai un pote qui a pris un bateau dans la gueule et qui est mort). Ça se passera dans le milieu des marins. Je voulais parler des migrants, de la Grèce…

Q : « Condor » est il un livre militant ?

CF : Non, je trouve que ce n’est pas le rôle d’un écrivain de faire de l’idéologie. En général, je laisse s’exprimer toutes les classes sociales dans mes romans. (fin de l’entretien).

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Rencontre Babelio – Caryl Férey – Copyright KoMa

Et c’est la traditionnelle séance de dédicace qui débute. Merci à Caryl Férey pour les mots échangés. J’en profite pour faire un petit coucou à Adeline (a ma droite sur la photo), patronne du Blog très recommandable Exulire que je vous conseille d’aller visiter ; et un grand merci aux lecteurs/lectrices avec qui j’ai échangé et qui m’ont dit de gentils mots sur « C’est Contagieux ».

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Rencontre Babelio – Caryl Férey – Copyright KoMa

 

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Plus que des quatrièmes de couverture, plus que des résumés de films, c'est de la passion et de l'émotion que vous découvrirez ici.

35 Comments on Rencontre Contagieuse avec Caryl Férey chez Gallimard (13/04/16) – El Condor pasa !

  1. Faudra que je découvre cet auteur en 2016! J’ai adoré cette interview et toutes les vaeurs qu’il fait passer 😉
    Merci pour ce super moment retranscrit!

    Aimé par 2 people

  2. Comme je t’envie … Caryl est vraiment quelqu’un de bien. Une grande humanité dans ses livres, je l’ai découvert avec Mapuche et j’avoue que depuis je suis accro ! Merci pour ce beau reportage. Trop hâte de découvrir la lecture avec Cantat.

    Aimé par 1 personne

    • Oui c’est un auteur à part et sa plume est enivrante.
      Merci pour tes gentils mots et ta fidélité 😊
      Concernant la lecture avec Cantat n’hésite pas à venir m’en parler, je suis curieux 😊

      J'aime

  3. Je ne le connais pas non plus mais j’entends beaucoup parler de lui. Merci pour ce retour sur cette belle rencontre.

    Aimé par 1 personne

  4. C’était vraiment surprenant cette rencontre, Caryl Ferey est un vrai voyageur conteur, pas besoin de lui demander grand chose et il part…et nous avec lui , génial 😀

    Aimé par 1 personne

  5. Son univers me plaît bien, je verrai ce que cela donne avec Zulu 😉

    Aimé par 1 personne

  6. Merci pour ce compte rendu très vivant de la rencontre Smadj

    Signé : le Laurent Boyer de Babelio 🙂

    Aimé par 1 personne

  7. Super! moi je suis fan de ce type… Belle journée et merci pour le partage…

    Aimé par 1 personne

  8. Fan de Caryl depuis Zulu, quelle chance ! Merci d’avoir partagé un peu de cette belle rencontre 🙂

    Aimé par 1 personne

  9. Super ce genre de rencontre 😉 Un compte-rendu trés détaillé et fort interressant. Merci David 🙂

    Aimé par 1 personne

  10. Excellent ! C’est vraiment top de lire tes retours si détaillés de ces rencontres, merci, vraiment !

    Aimé par 2 people

  11. Un auteur sur j’adore, un de mes chouchous, très heureuse de son dernier qui est d’enfer 😉 super moment que tu as passé 😘

    Aimé par 1 personne

  12. Oh oui, c’est le Pierre de Babelio ! Et le Caryl que j’ai lu et adoré ! Mais pas encore lu el condor passa (ou passa pas) mais je peux chanter si tu veux… Simon & Garfunkel vont me donner la musique !

    ‘d rather be a sparrow than a snail ♫
    Yes I would, if I could, I surely would
    I’d rather be a hammer than a nail
    Yes I would, if I only could, I surely would ♪

    Aimé par 1 personne

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  1. « Condor » de Caryl Férey – La Chronique Chili con carne ! – Cest Contagieux!

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