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« Laisse tomber les filles » de Gérard de Cortanze – La chronique ex-fan des sixties !

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Laisse tomber les filles de Gérard de Cortanze

Hasard du calendrier, ce roman sort au moment ou deux des figures les plus emblématiques des yéyés viennent de nous quitter. Une page se tourne dans notre vie et 430 dans ce livre écrit par Gérard de Cortanze.

TALKIN’ ‘BOUT MY GENERATION !

Ah quel délice de revivre d’aussi près les pérégrinations de la première génération de Teens français, celle des années 60, les fameuses sixties qui font écho à notre propre jeunesse même si on n’y était pas. Car on se surprendra à découvrir que leurs aspirations étaient les mêmes que celles des ados des années 80 et celles des ados de maintenant : du fun, de la liberté et des copains. Et les parents ? Pfffff…

Gérard de Cortanze retranscrit avec talent et profondeur l’ambiance innocente, frétillante, primesautière qui régnait alors. Sans oublier le parfum de contestation, de conscience politique et de libération sexuelle qui grandissait sourdement. Une immersion réussie tant on peut toucher du doigt cette époque fantasmée des douces sixties. Oui, celle de nos parents ou de nos grands-parents selon notre âge.

Les chansons résonnent, les musiques rayonnent et les mots bouillonnent. Ce livre te délivre des sons entêtants. Rien que son titre est une invitation au voyage dans le temps. A chaque fois que mon œil se posait sur la couverture du bouquin, la mélodie du tube de France Gall démarrait ses notes dans ma tête.

De Cortanze décrit si bien leurs codes, leurs musiques, leurs magazines, leurs idoles, leurs 45 tours, leurs radios, leurs émissions de TV, leur mode… jamais avant eux une génération n’avait été autant choyée par la société de consommation.

PAPA PAPA PAPA, T’ES PLUS DANS LE COUP PAPA !

Il est vrai que cette génération là avait l’insouciance en plus et une foi inébranlable dans le futur – Aucune autre ne la retrouvera – malgré un poids parental et sociétal pesant. Deux générations qui ne se comprennent pas, ça vous parle ?

D’ailleurs, intéressant ce parallèle que l’on pourrait faire en comparant les chanteurs-Yéyés avec les YouTubeurs. Ces derniers jugés souvent un peu débiles par les parents, font resurgir cette effervescence auprès de la cible ado qui les adore. Même si chaque génération a le sentiment d’être unique et incomprise par la précédente, une fois de plus, on constatera que l’histoire bégaie, les hommes et les femmes resteront toujours les mêmes finalement et répéteront leurs émois et leurs erreurs..

Heureusement ce livre évite les poncifs entre les générations et ne juge pas les suivantes à l’aune de la sienne. C’est tout à l’honneur de l’écrivain.

Le livre est en fait scindé en deux grosses parties : le parcours de 4 personnages (3 garçons, 1 fille) raconté année après année de juin 1963 à l’explosion voire l’éclatement sociétal que fut mai 68 ; le roman fait ensuite des sauts dans le temps, décennie après décennie, pour nous faire vivre l’évolution de ces personnages sous le prisme des moments historiques (l’élection de François Mitterand ou la chute du mur de Berlin par exemple) pour se clore en 2015 avec les attentats de Charlie Hebdo.

Alors, « Laisse tomber les filles » est-il une petite pépite ? Autant se le dire tout de go, non !

Autant l’immersion en terres sixties est réussie, autant l’intrigue et le destin des personnages laisse un peu perplexe. Pour dérouler son histoire, l’auteur la truffe de hasards improbables entre les 4 protagonistes qui se croisent et se retrouvent un peu trop facilement à chaque fois.

Après, d’un point de vue intrinsèque, le défaut du livre est finalement la faiblesse des personnages masculins qui manquent singulièrement de puissance (le personnage féminin n’est heureusement pas dans ce cas de figure) voire de charisme et sont trop redondants pour se démarquer les uns des autres. A part leur condition sociale, peut-être trop posée en alibi, ils ont tout de même des personnalités assez identiques si bien que parfois on les confond. C’est un peu gênant.

Tout dépend de ce que l’on recherche en ouvrant ce livre. Si c’est une histoire solide, on sera déçu, si c’est retrouver l’ambiance et humer l’air du temps d’une époque, le job est fait et bien fait. Rien que pour cela, ce bouquin mérite d’être lu.

La véritable force de ce bouquin est de te faire réfléchir sur l’époque, celles des sixties et l’actuelle.

Si on s’arrête sur le destin des personnages, force est de constater que l’auteur ne nous propose que des âmes brisées aux rêves cassés, peut-être submergées par tant de liberté. Tout s’ouvrait à eux, tout était possible pour cette génération de baby-boomers (peut-être pour la première et dernière fois) mais ils n’en ont rien fait au final, se laissant consumer par la société de consommation qui s’ouvrait à eux et qui a emporté leurs rêves en les fracassant sur les rochers du réalisme et de la désillusion.

Et surtout après ce vent de liberté, comment vivre pleinement les décennies suivantes, comment ne pas se retrouver forcément déçu par l’érosion de l’insouciance qui a suivi ? Plus tard les Clash écriront « I fought the law and law won » et c’est le sentiment qui restera en tournant la dernière page. Un p’tit doigt de pessimisme et de cynisme qui vient gratter les surfaces colorées…

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PS : merci à Babelio et à Albin Michel pour ce livre reçu !

4ème DE COUV’

Le 22 juin 1963 à Paris, quatre adolescents assistent, place de la Nation, au concert donné à l’occasion du premier anniversaire de Salut les copains. Trois garçons : François, rocker au coeur tendre, tenté par les substances hallucinogènes ; Antoine, fils d’ouvrier qui ne jure que par Jean Ferrat ; Lorenzo, l’intellectuel, fou de cinéma et champion de 800 mètres.
Une fille : Michèle, dont tous trois sont amoureux, fée clochette merveilleuse, pourvoyeuse de rêve et féministe en herbe. Commencé au coeur des Trente Glorieuses et se clôturant sur la « marche républicaine » du 11 janvier 2015, ce livre pétri d’humanité, virevoltant, joyeux, raconte, au son des guitares et sur des pas de twist, l’histoire de ces baby-boomers devenus soixante-huitards, fougueux, idéalistes, refusant de se résigner au monde tel qu’il est, et convaincus qu’ils pouvaient le rendre meilleur.

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Plus que des quatrièmes de couverture, plus que des résumés de films, c'est de la passion et de l'émotion que vous découvrirez ici.

9 Comments on « Laisse tomber les filles » de Gérard de Cortanze – La chronique ex-fan des sixties !

  1. Tiens, je ne te voyais pas lire ce roman 😉

    Aimé par 1 personne

  2. J’en ai pas mal entendu parler, mais beaucoup de critiques sur la forme et les personnages m’ont refroidie. J’aime bien le contexte des années 60, mais je ne pense pas que ça suffise à m’enthousiasmer !

    J'aime

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