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« En Guerre » de Stéphane Brizé – La chronique qui meurt mais ne se rend pas !

« En Guerre » de Stéphane Brizé - La chronique qui meurt mais ne se rend pas !

Le Pitch : Malgré de lourds sacrifices financiers de la part des salariés et un bénéfice record de leur entreprise, la direction de l’usine Perrin Industrie décide néanmoins la fermeture totale du site. Accord bafoué, promesses non respectées, les 1100 salariés, emmenés par leur porte‑parole Laurent Amédéo, refusent cette décision brutale et vont tout tenter pour sauver leur emploi.

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SUPER CONTAGIEUX !

« En Guerre » est le film le plus violent que j’ai jamais vu ! Je ne parle pas évidemment de violence graphique mais bien de violence sociale. Rarement une telle intensité et un tel feu ont coulé dans mes veines à la vision d’un film. Ce n’est pas pour rien qu’il fut le film le plus applaudi (11 minutes de mémoire) lors du dernier festival de Cannes qui ne lui a accordé paradoxalement aucun prix. Et pourtant…

La promesse de Stéphane Brizé est magistralement tenue. Celle de nous faire vivre de l’intérieur ce que nous regardons d’un œil parfois trop distrait, parce que pas concerné, lorsque le sujet s’incruste dans nos journaux télévisés : la fermeture d’une usine et les terribles dégâts humains occasionnés.

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Drame humaniste, réflexion sur notre société et sur sa prétendue économie qui ruisselle, « En Guerre » fourbit ses armes à la sueur des hommes et des femmes bafoués. Le film, à la limite du documentaire avec son terreau composé de comédiens non-professionnels, est criant de vérité. Tourné en seulement 23 jours pour garder un sentiment d’urgence, « En Guerre » est un film politique et désespéré.

Avec son précédent métrage « La loi du marché », Stéphane Brizé avait déjà posé les jalons timides de son incursion dans l’horreur économique. Ici, il en explose toutes les barrières et les conventions, la chair est mise à nue et les espoirs désossés au scalpel.

Le film est divisé en chapitre, chacun illustrant une longue séquence du processus de délitement orchestré par une mondialisation toujours plus excessive. Entre impuissance du politique, abandon du législatif et logique libérale, l’implacable jeu de domino se met en place pour broyer la résistance. Une stratégie de l’usure et de l’enlisement.

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En Guerre – Vincent Lindon

Vincent Lindon est phénoménal dans son personnage de syndicaliste en colère. On dirait qu’il joue sa vie tellement il incarne bien le rôle. La voix, les regards, les postures, tout sonne juste dans ce cinéma naturaliste. Le réalisme décuple les émotions ressenties.

Le sound-design est ahurissant, dérangeant, entêtant, mélangeant habilement silences et cacophonie. Ça te noue les tripes, te serre la gorge, te laisse au bord de l’asphyxie. La caméra au plus près des protagonistes accentue cet effet d’immersion donnant au spectateur le sentiment d’être lui-même acteur du drame qui se joue à l‘écran. Elle s’attarde sur les visages fatigués, remontés, figés dans leur détresse et toi, tu vibres, tu t’indignes, tu t’émeus avec les salariés de cette usine, combattants de l’ordinaire.

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Heureusement, le cinéaste se permet des plages de respiration, pour que le spectateur reprenne son souffle avant de repartir à la bataille.

Avec « En Guerre », Stéphane Brizé  réalise son « Il faut sauver le soldat Ryan ». Si ici,  la guerre est économique et pas physique, elle n’en reste pas moins psychologiquement meurtrière et diaboliquement viscérale.

Je vous mets aussi le lien d’une amie blogueuse, Matatoune, dont la chronique achèvera de vous convaincre je l’espère de l’urgence de voir ce film. Elle y partage avec vous les émotions incroyables que lui ont provoquées ce film. Cliquez là !

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About Smadj (1063 Articles)
Plus que des quatrièmes de couverture, plus que des résumés de films, c'est de la passion et de l'émotion que vous découvrirez ici.

8 Comments on « En Guerre » de Stéphane Brizé – La chronique qui meurt mais ne se rend pas !

  1. J adore et belle chronique

    Aimé par 1 personne

  2. Je vais y courir bientôt. A Suivre!

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  3. Film excellent ! Chronique excellente aussi …Mais que vais -je raconter dans la mienne qui n’est pas été dit dans celle-ci? Car, il faut que j’en parle pour m’aider à garder en mémoire mon ressenti et mes questionnements…Merci et courez-y !

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    • Oui il faut absolument que tu poses tes émotions par écrit 🙂 Trop content que tu aies aimé ce film. Il le mérite !
      Préviens moi quand tu auras publié je viendrai te lire 🙂

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1 Trackback / Pingback

  1. En guerre – Stéphane Brizé – vagabondageautourdesoi

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